Le Vivant en moi
 

Avant les fonctions, les rôles et les parcours, il y a une femme profondément sensible au monde.

Je suis de celles qui regardent longtemps une lumière sur un mur, qui peuvent être bouleversées par une musique, une couleur, un visage, un paysage ou la beauté d'un lieu.

Je ressens beaucoup. Les atmosphères, les émotions, ce qui se dit et ce qui ne se dit pas. Je suis attentive à ce qui circule entre les personnes, à ce qui se cache parfois derrière les apparences, aux petits déplacements qui peuvent changer une rencontre.

Depuis toujours, je crée.

Je chante. Je peins. Je raconte. Je mets en scène des couleurs, des matières, des mots, des sons, des espaces. Non pas pour produire du beau pour le beau, mais parce que créer est pour moi une manière d'entrer en relation avec le monde et avec les autres.

Et ce qui m'émerveille toujours, c'est ce qui se passe lorsque je partage.

Une chanson peut toucher quelqu'un jusqu'aux larmes. Une histoire peut faire surgir un souvenir. Une peinture peut déplacer un regard. Quelques mots peuvent ouvrir une question qui était restée silencieuse.

C'est là que quelque chose devient évident pour moi : ce que je crée n'est jamais tout à fait terminé lorsqu’il me quitte.

Il commence alors à vivre dans la rencontre avec l'autre.

C'est peut-être cela, au fond, qui traverse tout mon chemin : cette envie de créer des espaces où quelque chose puisse se révéler, se ressentir, se déplacer.

Capture

Mon parcours : une même écoute au fil du chemin


Mon parcours n’a jamais été une ligne droite.

Il s’est construit par étapes, parfois très différentes en apparence, mais qui m’ont toutes appris à regarder l'Humain, sous un angle nouveau.

J’ai commencé par le design et la création de sites web, puis je me suis tournée vers l’ergonomie des interfaces et l’expérience utilisateur. J’y ai appris à observer, à écouter les usages, à comprendre ce qui se joue derrière une difficulté, un besoin, un comportement.

Puis mon chemin m’a conduite vers la facilitation de l’intelligence collective. J’ai découvert la richesse de ce qui peut émerger lorsque l’on crée les conditions pour que chacun puisse contribuer, lorsque l’on écoute autant ce qui se dit que ce qui circule entre les personnes.

Pendant plus de vingt-cinq ans, j’ai ainsi évolué au cœur des transformations des organisations, en accompagnant dirigeants, managers et collectifs dans des périodes de changement, de questionnement et de transformation.

Je me suis également formée au coaching professionnel, qui m’a donné d’autres clés pour écouter, questionner et accompagner les mouvements qui se jouent en chacun.

Et puis, parallèlement à ce parcours professionnel, il y avait toujours la création.

La peinture. Le chant. Les mots. La matière. Les couleurs. Une autre manière d’écouter ce qui se vit et de lui donner une forme.

Avec le temps, j’ai compris que ces chemins ne racontaient pas plusieurs histoires. Ils parlaient tous, à leur manière, de la même chose : l’Humain, ce qui le relie à lui-même, aux autres et au monde.

chemin

Ce qui m'a construite


Je suis l’enfant de deux pays qui vivent toujours en moi.

Le Liban, où je suis née et où j’ai grandi jusqu’à l’âge de dix ans.
La France, qui m’a accueillie lorsque la guerre m’a conduite à la quitter seule.

Grandir entre deux pays, entre deux cultures, entre ce qui reste et ce qui commence ailleurs, a sans doute façonné très tôt mon rapport au monde.

J’ai appris à m’adapter, à observer, à écouter, à trouver ma place. À regarder avant de comprendre, à ressentir avant de mettre des mots, à être attentive aux liens qui se tissent entre les êtres, aux silences et aux atmosphères.

Avec le temps, j’ai compris que cette sensibilité n’était pas seulement une manière de ressentir. Elle était aussi une manière de regarder et d’entrer en relation.

Elle est devenue un fil discret de mon histoire, que j’ai retrouvé dans mes différents chemins professionnels comme dans la création artistique.

Peut-être est-ce aussi pour cela qu’aujourd’hui, ce qui m’intéresse tant est ce qui se passe lorsque l’on peut enfin être pleinement en présence de soi, des autres et du monde.

Créer
 

Donner une forme à ce qui se ressent.

L’art n’est pas arrivé dans ma vie comme une décision. Il s’est d’abord présenté comme un espace où je me sentais naturellement à ma place.

À la fin de mes études secondaires, je ne savais pas encore vers quel domaine je voulais m’orienter. Mes professeurs m’encourageaient à faire médecine. J’ai commencé ce cursus, réussi ma première année… mais, au moment de poursuivre vers la médecine, une autre envie s’est imposée.

Je me surprenais à espérer échouer au concours.

Jusqu’au jour où j’ai enfin dit à mes parents que je voulais m'orienter vers un domaine plus créatif.

J’ai alors intégré un cursus de cinq ans en Arts graphiques et Publicité. J’y ai découvert et approfondi le dessin et la peinture, que j’aimais déjà. J’y ai surtout trouvé un espace où mon regard, ma sensibilité et mon envie de créer pouvaient pleinement s’exprimer.

Depuis, la création n’a jamais vraiment quitté ma vie.

La peinture, bien sûr, mais aussi le chant, les histoires, les mots, les matières, les couleurs, les espaces et les atmosphères. Autant de façons différentes de donner une forme à ce que je ressens et de créer une rencontre avec l’autre.

J’ai souvent constaté que ma voix, comme mes peintures ou mes histoires, pouvait faire naître chez l’autre une émotion que je n’avais pas cherchée à provoquer.

Le chant occupe aussi une place particulière dans ma vie. Avec mon époux, pianiste, nous avons souvent partagé la musique lors de cérémonies et de moments collectifs. J’y ai découvert combien une voix, portée par la musique, peut créer un espace d’émotion, de présence et de partage.

C’est peut-être cela qui me touche le plus dans la création : ce moment où quelque chose que j’ai fait naître rencontre quelqu’un d’autre et devient, pour lui, une expérience qui lui appartient.

La création est pour moi un espace de liberté, de présence et de rencontre. Un espace où je peux être pleinement moi-même.

Andalouse

Ma conviction
 

Le bonheur d’habiter pleinement ce qui nous rend uniques.

Au fil de mon parcours, une conviction s’est peu à peu dessinée.

Nous apprenons très tôt à nous adapter, à répondre aux attentes, à prendre des responsabilités, à entrer dans des rôles, à avancer. Ces constructions sont nécessaires. Elles nous permettent de grandir, de vivre avec les autres, de trouver notre place.

Mais il arrive parfois qu’à force de nous adapter, nous nous éloignions de ce qui nous rend profondément nous-mêmes.

Je crois qu’en chacun de nous existe un espace vivant : ce qui nous anime, ce qui nous met en mouvement, ce qui nous fait vibrer, ce qui donne du sens à notre présence au monde.

J’appelle cet espace le Vivant en soi.

Le rencontrer ne signifie pas tout bouleverser, ni devenir quelqu’un d’autre. C’est plutôt retrouver un lien avec ce qui est profondément là : une sensibilité, une aspiration, une énergie, une manière singulière d’être au monde.

Et lorsque ce lien se renouvelle, quelque chose peut changer dans notre manière de regarder, de décider, d’entrer en relation, de travailler, de créer et d’agir.

Je crois aussi que ce qui se remet à vivre en nous ne s’arrête pas à nous.

Lorsque nous sommes davantage reliés à ce qui nous anime, nous pouvons entrer en relation avec les autres avec plus de présence, de justesse et de liberté. Et peut-être contribuer, à notre mesure, à des relations, des collectifs et des sociétés plus humaines.

C’est là que se situe aujourd’hui mon travail : créer les conditions d’une rencontre avec le Vivant en soi, ouverte sur le monde.

Pin au coucher

Les cinq mouvements qui traversent mon travail


Déposer • Retrouver • Accueillir • Aimer • Offrir

Je ne propose pas une méthode à appliquer ni un chemin à suivre à la lettre.

Ces cinq verbes sont plutôt les mouvements qui traversent mon travail et les expériences que je crée.

Déposer, pour faire un peu de place à ce que nous portons.

Retrouver, pour revenir vers ce qui était déjà là, parfois recouvert par les rôles, les habitudes ou les attentes.

Accueillir, pour laisser une place à ce qui se présente, sans chercher immédiatement à le comprendre ou à le transformer.

Aimer, pour regarder ce qui est là avec davantage de douceur, de présence et de considération.

Offrir, enfin, pour laisser ce qui a retrouvé sa place en nous prendre une forme et, si nous le souhaitons, rencontrer le monde.

Cinq mouvements. Une même invitation : se rapprocher de ce qui, en soi, demande à vivre.

Aujourd'hui


Tous ces chemins se rejoignent pour créer des expériences à vivre.

Aujourd'hui, il m’est devenu essentiel de réunir ces différentes dimensions de mon parcours — l’accompagnement de l’humain, le regard, l’art, la parole et la création — dans une même démarche.

Je conçois des expériences sensibles qui peuvent prendre des formes différentes : une conférence, un atelier, un parcours immersif, un temps collectif ou une œuvre.

Chaque expérience est pensée pour ouvrir un espace où l’on peut regarder autrement, ressentir, questionner, se rencontrer.

La forme change. L’intention reste la même : créer les conditions d’une rencontre avec le Vivant en soi, ouverte sur le monde.

croisement

Vous souhaitez imaginer une expérience pour votre organisation, votre événement ou votre lieu ?